Marosakoa, Région Boeny: quand la filière bambou est promue dans une zone rouge de déforestation


Marosakoa, Région Boeny: quand la filière bambou est promue dans une zone rouge de déforestation

La filière bambou est encore catégorisée parmi les filières émergentes. A l’aube de la troisième décennie de ce XXè siècle, elle est encore méconnue malgré certaines vertus et utilités écologiques, nutritionnelles et entrepreneuriales. Entre autres :

  • Ses racines qui jouent un rôle important contre l’érosion du sol, qui contribuent à l’humidité et à la fertilité du sol, et qui apportent une valeur nutritionnelle non négligeable;
  • Ses feuilles qui peuvent substituer l’alimentation animale surtout en saison de pénurie: une aubaine pour les cheptels bovins et petits ruminants (ovins et caprins);
  • Ses tiges qui sont utilisées pour des transformations artisanales (cure-dent, Garaba, table, clôture, meubles à l’usage au quotidien, charbon, …) voire industrielles (planche, contre-plaqué, pont, habitat, …);
  • Sa culture, par rapport aux autres végétations, ne requiert guère trop d’efforts : le bambou s’adapte facilement à son milieu où il est généralement précoce qui se développe très vite (exploitable après 2 à 3 ans de sa mise en plantation). Il peut vivre de 40 à 100 ans et plus on le coupe, plus il se prolifère;
  • Le bambou a donc une place importante, pour ne pas dire incontournable pour plusieurs dimensions :
  1. Économique: pour avoir le même résultat que l’exploitation du bois, il a largement un coût très abordable techniquement et temporellement,
  2. Environnementale et écologique : l’autodestruction due à l’exploitation forestière sauvage et au développement non responsable… Si à Madagascar et particulièrement dans la région de Boeny, les feux de brousse et la production encore incontrôlable du charbon en bois sont encore incessamment d’actualités, à l’échelle internationale le changement climatique, le réchauffement de la terre, la déforestation (en 2018, dans le monde, 12 millions d’hectares de forêts tropicales ont disparus – https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/la-deforestation-des-forets-tropicales-se-poursuit-a-un-rythme-eleve-1014398 ), restent toujours des problèmes latents mais aigus pour toute l’humanité. La culture de bambou, fait l’affaire, dans une période relativement courte mais à actions durables, car elle procure plus d’oxygènes que d’autres végétations et protègent mieux les couches d’ozones.

 

Me président de l'OP Mankasitraka fièrement se pose davnt les produits bambous

Conscients de la situation, l’INBAR (International Network for Bamboo and Rattan) et le Programme PROSPERER (PROgramme de Soutien au Pôles de micro-Entreprises Rurales et aux Economies Régionales) ne cessent de sensibiliser et promouvoir les Micro-Entreprises Rurales (MER) pour la plantation d’abord puis progressivement pour l’exploitation intelligente de bambous aux diverses fins.

Actuellement, plusieurs sites sont déjà répertoriés, Amparemahitsy, Marosakoa et Antananivony si on ne cite que ceux-là. Récemment, en juillet dernier un autre pas a été franchi sur cette promotion de la filière : une formation de construction de hangar en bambou a été dispensée aux 18 MER à Marosakoa, durant 18 jours. La formation s’est bien déroulée comme prévue et les images, les résultats commentés permettent d’apprécier le succès. Le hangar en bambou (4m x 3m), construit au bout de 20 jours symbolisera le degré de maturité de l’OP MANKASITRAKA de Marosakoa sur leurs implications dans la promotion de la filière.

Cerise sur le gâteau, le hangar servira de l’atelier ou de salle de réunion pour les artisans en bambou. Les appuis de telle envergure sont souvent ponctuels mais nous espérons pérenniser son adoption, dans la Commune Rurale Marosakoa, PK105, longeant la RN4-Mahajanga Antananarivo. Le choix du lieu de formation est stratégique car Marosakoa fait partie des axes de zones rouges de l’exploitation forestière, surtout pour la production du charbon en bois. Et il est encore temps, pour ne pas emboiter les mauvais pas des certains pays africains où quotidiennement, les ménages, pendant la journée, n’ont le temps qu’à chercher les bois de chauffe, où encore une sécheresse dépasse plus d’une année, déclenchant une catastrophe humaine due à la famine.

Le schéma est simple, sans végétation, sans pluie, sans pluie (sécheresse) sans culture, sans culture : sûrement la famine. On n’est pas encore à ce stade, mais on y sera si on n’active pas dès maintenant, avec l’option orientée vers la filière bambou

En 2020, dans la Région Boeny, les traits principaux des activités de la promotion de la filière bambou sont :

  • Plantation, de 20 Ha dans 6 nouveaux sites de culture de bambou;
  • 9 contractualisations avec des pépiniéristes locaux pour la production de 54 000 jeunes plants de bambou prêts à reboiser;
  • Constitution et opérationnalisation du Plateforme de Concertation et d’Appui à la Filière Bambou (PCAF);
  • La consolidation du secteur transformation qui ne sera pas en reste car il produira déjà des articles artisanaux (Garaba, meubles, mobiliers d’école, des tiges d’agarbahti, voire des lamelles et des planches en bambou)

Coordonnées GPS (E046°45’14.0″, S16°10’47.8″)

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